Considéré comme l’artificier du groupe terroriste d’extrême gauche Action directe, Max Frérot (biographie ici), condamné en 1989 à la réclusion à perpétuité et incarcéré à Lannemezan (Hautes-Pyrénées), a obtenu hier de la cour d’appel de Paris une mesure de semi-liberté. Il en bénéficiera à compter du 16 juin pour une durée d’un an dans le centre de semi-liberté de Nîmes, dont il pourra sortir chaque jour pour travailler dans une association, avant de le réintégrer chaque soir.
Les déclarations sont extraites du livre “Les antisémites de Gauche”, Philippe Randa et Roland Gaucher.
Quand André Olivier et ses complices passent devant la cour d’assises spéciales de Paris, Frédéric Joannes, qui suit le déroulement des débats pour le compte de Libération (numéro du 20 juin 1995), note : “Olivier et Frérot causent quand bon leur semble, sans daigner se lever devant la justice bourgeoise et grattent un prurit anti-sémite qui visiblement les démange“.
Ainsi, Max Frérot n’est pas incarcéré à Fresnes, mais “dans le camp de la Gestapo juive de Fresnes“.
Il disserte sur les “actes criminels de l’impérialisme juif qui occupe la France“.
André Olivier demande à Me Francis Spizner : ” Indépendamment de vos titres d’agent de Moscou, vous êtes qui ? ” Et l’on apprend que si leur ancien avocat, Me Jacques Vergès, avait jadis ” un pied sur le Coran, l’autre sur la Torah“, il a désormais les deux pieds dans le livre juif. Et les deux hommes de ricaner d’un air entendu lorsque Me Catherine Cohen se porte partie civile pour Radio France.
Me Attilio Baccioli, l’avocat italien du noyau dur d’Action Directe, n’y voit pas malice. Il était au second plan dans le procès de Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, s’est fait un nom dans la défense des Brigades Rouges, et ne comprend pas du tout pourquoi on lui rebat les oreilles avec l’antisémitisme de ses clients : “Il y a une réalité économique juive, le capitalisme financier -explique t-il-, il faut lutter contre ce capitalisme juif. D’ailleurs, les juifs restent liés entre eux, ils sont séparés du reste des Français“.Lors d’une intervention, André Olivier, a cité Céline, Lénine et La Bruyère, et a utilisé son temps de parole à “expliquer les mécanismes des expropriations prolétariennes du capitalisme (les hold-ups) et de l’impérialisme étatique“.