Extrait d’un billet de Gabrielle Cluzel publié dans Monde & vie : Les années ont passé. Les causes à défendre pour les catholiques sont devenues plus prégnantes, plus évidentes. Avortement, homosexualité, attaques contre l’Église… Aller battre le pavé – aux « marches pour la vie », par exemple – n’est plus un droit, mais un devoir. Parallèlement, les ligues de vertu et la bienséance ont changé de camp. L’insolence aussi. Être « rebelle » n’est plus ce que l’on croit. Dernier exemple en date: le 18 mai dernier, le « kiss in » sur le parvis de la primatiale Saint Jean à Lyon. Ils étaient là face à face, les homos du « kiss in » et les jeunes cathos du collectif « Pas de ça devant Saint-Jean ». Et les faces de carême n’étaient pas du côté que l’on pense. Depuis qu’ils sont les censeurs du nouvel ordre moral, les gays ne sont plus très gais. Devant Saint-Jean, rien que des têtes grisonnantes et revêches. Ben alors, où sont donc les jeunes éphèbes facétieux, les manifestations festives? «Vade retro les fachos». C’était leur slogan. Sans blague ? Ce vieil anathème éculé, c’est donc tout ce qu’ils ont trouvé? «Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d’hétéros !» scandaient en face leurs dynamiques opposants. Pas mal, non ? M’est avis que le rire a définitivement retourné sa veste.“